L'édito du monde :

Publié le par Neodim

Les écologistes n'en espéraient sans doute pas tant de la part de Nicolas Sarkozy, qui n'avait pas fait de l'environnement l'un de ses grands thèmes de campagne. Et pourtant.

Premier acte : le président déclare le soir de son élection que le réchauffement climatique sera "le premier combat de la France".

Deuxième acte : l'ancien premier ministre Alain Juppé devient numéro deux du gouvernement, ministre d'Etat, chargé de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables.
L'écologie est propulsée du 13è au 2è rang de la hiérarchie gouvernementale. Sous son autorité sont regroupées les compétences traditionnelles de l'environnement, mais aussi celles des transports, de l'urbanisme, de l'énergie et de l'aménagement du territoire. L'ancien ministère s'efforçait, avec de faibles moyens, de gérer les conséquences de décisions prises ailleurs. M. Juppé a désormais l'autorité sur les causes, agriculture exceptée.
Le choix d'Alain Juppé peut surprendre. Il n'est pas un spécialiste des dossiers environnementaux, même si son année passée au Canada l'aurait, dit-on, converti à la cause de l'écologie. Aux sceptiques, il répond qu'il vaut mieux "l'enthousiasme du néophyte que la lassitude du blasé". Quoi qu'il en soit, chacun pressent qu'un ancien premier ministre ne revient pas dans un gouvernement comme numéro deux pour y faire de la figuration.

Troisième acte enfin : Nicolas Sarkozy et Alain Juppé reçoivent, lundi 21 mai, les principales ONG écologistes afin de préparer le "Grenelle de l'environnement" de septembre, qui sera une véritable négociation, selon M. Juppé, et non une nouvelle péroraison sur l'état de la planète. Les ONG devront de leur côté prouver qu'elles peuvent s'unir pour être plus puissantes et qu'elles peuvent participer à l'élaboration d'une politique nationale avec un gouvernement.

Tout cela est une rupture avec les gouvernements de droite et de gauche qui reléguaient ces questions à l'arrière-plan. Les temps ont changé. L'impact de l'activité humaine sur le climat est désormais une certitude. L'opinion publique presse les élus d'agir. M. Sarkozy veut montrer qu'il a compris l'enjeu.

Reste à entrer dans le vif du sujet. Les questions environnementales sont par nature conflictuelles : la protection des ressources naturelles contrarie des agriculteurs et les industriels qui forment la clientèle électorale de la droite. De nombreux écologistes craignent de voir l'environnement "digéré" par les administrations puissantes des transports et de l'énergie dans le grand ministère de M. Juppé. Les choix de MM. Sarkozy et Juppé seront déterminants. Les marges de manoeuvre sont considérables. Leurs responsabilités le sont d'autant plus.

++ Le monde

Et vous, vous en pensez quoi de tout ça ?

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Neodim 22/05/2007 18:19

Je crois que je suis assez d'accord avec vous... d'une part, je suis agréablement surpris par la primeur que prennent les sujets environnementaux.... d'un autre côté, je me demande ce qui va ressortir de ce Grenelle... car s'il ressort un impasse, ça veut dire ces sujets remis à plus tard; etc...Par ailleurs, je plains les verts ds les législatives à venir... car après le mauvais score effectué, ils se voient en plus subtiliser leurs sujets...

ecolodujour 22/05/2007 12:38

Disons que les premiers signaux envoyés semblent positifs mais pour l'instant, on reste dans la com....et pas encore dans l'action.
Je reste donc très prudent mais j'ai aussi tendance à penser que plus on fera du bruit autour de ces questions environnementales, plus le gouvernement actuel sera obligé de prendre des décisions en cohérence directe avec les discours car ces sujets ne seront plus relayés à la fin des journaux donc, c'est positif
Après, que va faire le gouvernement sur ....les autoroutes? les OGM ? l'agriculture intensive? Reach? la transcription des directives européennes? l'application de la loi sur l'air? Une loi sur l'eau? les décehts et les incinérateurs? la fiscalité écologique? ....Pour l'instant, en dehors d'un Grenelle de l'environnement et d'une mauvaise note qui avait été attribuée à Sarkozy par l'Alliance pour la Planète, on n'en sait pas plus donc....maintenons la pression pour que le meilleur ressorte de tout cela !

Flo 22/05/2007 09:37

d'après ce que j'en ai lu (toujours dans les journaux gratuits ;)  ) on aurait pu mettre une ou deux éoliennes dans le bureau de leur réunion....m'enfin je suis mauvaise langue attendons de voir !tout ce que je vois c'est que nico est contre le nucléaire mais pour implanter l'epr en france, vachement pour le bio, mais ne revient pas sur les pesticides.

So-Ann 22/05/2007 08:07

Ben cela me travaille beaucoup depuis deux jours.... En fait j'étais désespérée hier suite aux diverses réactions... Ils sont tous treeees enthousiaste, et on fait passer les petites associations et les écolos de toujours pour de la sous traitance et du dogmatisme... enfin, j'ai compris ça comme ça.Donc là tout est beau et joli et tout le monde il est content... Mais je pense que Grenelle risque de voir ses premiers couac. Beaucoup ont fait bonne patte hier, il faut montrer patte blanche. Mais attention, cela m'étonneraient qu'ils se laissent embobiner sur les mesures cruciales...Donc en gros, ma vision est que l'on va très bien comprendre quels sont les intérêts économiques de l'écologie, on va en effet mettre en place une croissance verte (très bon pour ceux qui vont se lancer dans ce genre de business d'ailleurs!;-) mais l'économie ne sera pas modifiée de manière écologique. On va construire des voitures hybrides qui pourront rouler sur de belles autoroutes toutes neuves, on fera de l'OGM pour les bio-carburants et les tites voitures mais aussi un peu de (faux) bio (contaminé donc de toute manière). On fera un peu de renouvelable, puis de beaux réacteurs nucléaires tout propres attention! Bref... Je suis enthousiaste au final pour plein de choses, mais je crois qu'il va falloir rester TRES fermes sur certains aspects... Et en octobre, j'espère que cela va exploser derrière la magnifique façade communiquée hier dans les médias... On ne peut se permettre de hausser le ton maintenant, mais j'espère que les associations resteront fermes sur certains points...Et ce point de vue n'est pas extrémiste ou dogmatique, il est juste lucide... On aura de l'écologie partout, ce gouvernement sera le premier à être aussi formidable, mais dès que l'on osera critiquer quelque chose, on passera pour des moutons noirs... jamais contents... On aura une écologie tout bénéf, mais sans aucun inconvénients ou renoncements véritables...Et j'espère être mauvaise langue en disant cela... Et être agréablement surprise bien sûre... :-) Mais cela m'étonnerait que Napoléon change d'avis...