Vive le pétrole cher !

Publié le par NMsL

La fin du pétrole n'est pas pour demain. Mais la fin du pétrole bon marché est avérée. Le baril à trois cents dollars n'est plus un mythe. Experts, banquiers, militants, militaires, planchent déjà sur ce futur possible proche...

Et si, pourtant, ce baril hors de prix avait des vertus ? Aujourd'hui, personne ou presque ne se soucie de consommer mieux, c'est-à-dire de consommer moins de ressources et surtout d'énergie. En dépit d'un engouement sans précédent, les énergies «propres», sans hydrocarbures ni déchets à long terme, ne pèseront au mieux que 2 % de la consommation mondiale en 2030. Même l'atome n'y pourra rien. Pourtant, la Chine, l'Inde, l'Europe, n'en finissent pas de planter des moulins à vent ; le Brésil fait tout pour sucrer ses moteurs et ceux du reste du monde ; et les adeptes du diesel à huile découvrent des qualités à la friture.
Un pétrole cher, c'est l'assurance que les milliers de projets, d'expériences du moins consommer, ou du consommer autrement, ne seront plus de simples gouttes d'eau réservées à quelques bobos. La plupart des idées qui germent ici et là n'attendent plus qu'un petit coup de pouce et beaucoup de pédagogie : est-il normal que l'Autriche affiche trois fois plus de chauffe-eau solaires que la France ? Est-il raisonnable d'utiliser des hordes de camions quand le rail a prouvé depuis longtemps son efficacité ? Est-il judicieux que les ingrédients d'un simple pot de yaourt parcourent plusieurs milliers de kilomètres avant d'atterrir sur nos tables ? Est-il légitime de dégrader les côtes chiliennes en quelques années pour assouvir l'appétit de saumon des Européens?

Le choc pétrolier dont nous vivons les prémices exige des politiques ambitieuses, pour forcer les uns, et accompagner les autres. Mais on ne les voit se dessiner ni en France ni en Europe ni ailleurs. La cure de désintoxication au pétrole aujourd'hui, la panne sèche demain, seront d'autant plus violentes que les responsables politiques auront gardé leurs oeillères.

Pourtant, le développement durable, trop souvent considéré à tort comme un simple thème en vogue, ambitionne d'instaurer un état universel de bien-être en «écologisant», en humanisant l'économie. Chacun, politiques en tête, récite sans se tromper la définition du développement durable : «Un type de développement qui permet de satisfaire les besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.» Mais voilà, chacun voit la durabilité à sa porte. Si nous ne faisons rien, demain, le baril sera à prix d'or quand le sevrage sera impossible et le climat en surchauffe. Alors aujourd'hui, ce pétrole déjà cher est l'occasion ou jamais de changer notre monde. Vive le pétrole cher, donc!

La réflexion est intéressante, alors, qu'est-ce que ça vous inspire ??
Le texte est extrait d'un article de Libération Par Denis Delbecq et Vittorio de Filippis

Publié dans Science - Technologie

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Gayanée 04/08/2007 17:57

C'est exactement ce qui est proposé dans le livre "Le plein s'il vous plaît" : augmenter facticement (taxes) le prix du pétrole actuellement, ce qui permettrait de faire réagir les gens 'maintenant' et d'investir dès à présent dans les alternatives, grâce à ces taxes...

Neodim 31/05/2007 17:32

@ noname : oui, c'est sur, certains ont même pris les devants en produisant des biocarburants pour faire rouler leur tracteurs et les flottes de bus des communes avoisinantes, mais ils se sont mis hors la loi car ils ne payent pas la taxe sur les produits pétroliers, et se sont vu assignés en justice parce qu'ils avaient juste devancé le marché avant que les lobbies pétrolier aient vérouillé toutes les portes... bilan des courses : leur seul tort , c'est d'avoir eu raison trop tôt...c'est beau la France quand elle prend des initiatives...

NoName 31/05/2007 10:04

encore faudrait-il que les agriculteurs aient des incitations pour produire des plantes pouvant être utilisées comme biocarburant, et également accès à la technologie pour pourvoir les transformer en énergie... ce qui suppose une volonté gouvernementale, on en revient toujours à ça...

Neodim 30/05/2007 16:52

@ Noname : je parlais bien entendu des agriculteurs... qui en produisant des plantes pour produire du bio carburant pourraient être moins sensibles aux hausses du pétrole (vu qu'ils en seraient moins dépendants et fonctionneraient plus en autonomie) pour exercer leur métier. Il en va de même pour des métiers comme les pêcheurs par exemple, ou on sait que les hausses du prix du pétrole sont très problématiques.

NoName 30/05/2007 16:38

@Neodim: quand tu écris "ils devraient utiliser les biocarburants..." à qui fais-tu allusion?
"mais qui es-tu ???" euh... une lectrice assidue de ton blog, c'est bien comme réponse? :)