Repas de quartier dans toute la France !
Bon, un petit post supra local, puisqu'il s'agit de mon quartier à Toulouse. Arnaud Bernard, un quartier bien particulier, ou la mixité est de mise, et qui a été à l'initiative des repas de quartiers dans toute la France. Ce soir, il y en a un nouveau, l'occasion pour moi de vous relayer l'histoire de cette initiative.Née, il y a 10 ans, à partir d'une idée que Claude Sicre (écrivain, musicien folklorique de quartier, agitateur culturel, fondateur de la Grande Révolution des Quartiers du Monde et du groupe Fabulous Trobadors) développait dans un chapitre de roman, l'idée des Repas de Quartier, ou comment mieux rencontrer ses voisins en partageant les plaisirs de la table et tout ce qui en découle, s'est répandue dans toute la France. Qui s'en plaindra!
"L'un des buts, sans doute le plus mal compris, c'est que ce repas est un contre-pouvoir à la logique de l'anonymat?"
En 1991, Claude Sicre décide de passer de la fiction à la réalité, de lancer un repas de rue hebdomadaire sur une des places de notre quartier, la place des Tiercerettes. Face au déclin des liens traditionnels entre les gens, le "Repas-de-Quartier" apparaît comme un des meilleurs antidotes à la montée de l'indifférence, de l'exclusion.
L'objectif est simple: faire se rencontrer des gens de tous horizons sur le critère du voisinage avec comme seule ambition leur rassemblement, sans aucun préjugé sur la teneur des discussions, sans mot d'ordre.

A table citoyens!
1991-1993: Repas-de-Quartier hebdomadaires à Arnaud-Bernard, Toulouse. Le concept: faire asseoir à la même table des voisins qui ne se connaissent pas ou peu, des gens de passage. Chacun apporte un plat à faire goûter aux autres. Occasion de maîtriser ensemble des problèmes générés par le repas lui même: aller chercher les voisins, partage des tâches, prévoir tables, nappes, chaises, couverts, contrôle collectif du bruit après une certaine heure, nettoyage de la place ou de la rue après le repas, discussions avec riverains hostiles éventuels, affrontement éventuels avec les pouvoirs publics pour autorisations etc? Rencontres, convivialité, échanges: prélude à d'autres actions ensemble, lutte contre l'isolement, échange des générations, des origines sociales ou nationales, des horizons culturels, politiques.
Cette expérience s'est déroulée dans un contexte bien particulier, celui d'un quartier où, parallèlement, de très nombreuses autres activités sont organisées, théâtre de nombreuses aventures d'animation et d'action culturelle, réalisée par des citoyens bénévoles, et le comité de quartier y est bien implanté. En quelques semaines grâce à ces acquis, l'opération connaît un grand succès, qui déborde les frontières du quartier: des habitants de tous âges, de tous milieux sociaux, de toutes nationalités s'y retrouvent; des curieux s'y pressent; des articles paraissent et d'autres quartiers de Toulouse ou d'autres villes nous contactent. Ce succès s'amplifie avec les mois et les années, non sans poser de problèmes qui sont autant d'excellentes occasions de pédagogie civique.